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La Chine suspend les livraisons de Boeing et l’achat de piĂšces amĂ©ricaines en reprĂ©sailles aux nouveaux droits de douane des États-Unis.đŸ”„80

La Chine suspend les livraisons de Boeing et l’achat de piĂšces amĂ©ricaines en reprĂ©sailles aux nouveaux droits de douane des États-Unis. - 1
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Crise commerciale : PĂ©kin ferme la porte Ă  Boeing, l’aviation mondiale sous tension

Dans un geste spectaculaire qui marque une nouvelle escalade dans la guerre commerciale sino-amĂ©ricaine, la Chine a ordonnĂ© Ă  ses compagnies aĂ©riennes de cesser immĂ©diatement toute rĂ©ception de nouveaux avions Boeing, ainsi que l’achat de piĂšces dĂ©tachĂ©es et d’équipements aĂ©ronautiques amĂ©ricains. Cette dĂ©cision, rĂ©vĂ©lĂ©e par plusieurs sources concordantes, intervient en reprĂ©sailles directes Ă  la rĂ©cente hausse des droits de douane amĂ©ricains, portĂ©s Ă  145 % sur les produits chinois par l’administration Trump.

Un marché colossal qui se ferme à Boeing

Le marchĂ© chinois, longtemps considĂ©rĂ© comme le plus prometteur pour l’avionneur amĂ©ricain, se referme brutalement. Selon le carnet de commandes de Boeing au 31 mars, 130 appareils – dont 96 737 MAX et 11 787-9 – Ă©taient encore destinĂ©s Ă  des compagnies chinoises, sans compter les avions acquis en leasing. Depuis les accidents du 737 MAX et les premiĂšres tensions commerciales sous le prĂ©cĂ©dent mandat de Donald Trump, les livraisons de Boeing vers la Chine s’étaient dĂ©jĂ  rarĂ©fiĂ©es. DĂ©sormais, la porte semble close pour de bon, au moins Ă  court terme.

Des conséquences en cascade pour le secteur

Cette suspension ne se limite pas aux avions neufs. PĂ©kin a Ă©galement exigĂ© que les compagnies nationales cessent tout achat de piĂšces dĂ©tachĂ©es et d’équipements auprĂšs des fournisseurs amĂ©ricains. Une mesure qui risque d’alourdir considĂ©rablement les coĂ»ts de maintenance des flottes existantes, poussant potentiellement les opĂ©rateurs chinois Ă  accĂ©lĂ©rer la transition vers des appareils Airbus ou des avions produits localement, comme ceux du constructeur COMAC.

La Chine, qui avait dĂ©jĂ  relevĂ© ses propres taxes sur les importations amĂ©ricaines Ă  125 %, rend ainsi l’acquisition de Boeing quasiment impossible Ă  rentabiliser. Selon les analystes, cette dĂ©cision pourrait affaiblir davantage Boeing, dĂ©jĂ  fragilisĂ© par la concurrence et les dĂ©boires techniques rĂ©cents, tout en renforçant la position d’Airbus sur le marchĂ© asiatique.

Un bras de fer politique et économique

Ce nouvel Ă©pisode illustre la logique « Ɠil pour Ɠil » qui prĂ©vaut dĂ©sormais entre Washington et PĂ©kin. Si les États-Unis maintiennent une pause temporaire de 90 jours pour certains partenaires, la Chine, elle, reste sous le coup de droits de douane massifs, ce qui a motivĂ© cette riposte ciblĂ©e sur un secteur stratĂ©gique.

Pour les compagnies chinoises, l’État envisagerait un soutien financier afin d’absorber le choc, notamment pour celles ayant recours au leasing d’appareils amĂ©ricains. À plus long terme, cette rupture pourrait accĂ©lĂ©rer l’autonomisation de la filiĂšre aĂ©ronautique chinoise et redessiner les Ă©quilibres du transport aĂ©rien mondial.

Vers une recomposition du ciel mondial ?

Si la Chine maintient sa position, Boeing risque de perdre l’accĂšs Ă  un marchĂ© qui pourrait reprĂ©senter 20 % de la demande mondiale d’ici vingt ans. Ce coup d’arrĂȘt intervient alors que le commerce mondial entre les deux gĂ©ants Ă©conomiques, Ă©valuĂ© Ă  plus de 650 milliards de dollars en 2024, menace de s’enliser dans une spirale de sanctions et de contre-sanctions.

Pour l’heure, ni Washington ni PĂ©kin ne semblent prĂȘts Ă  cĂ©der. Mais dans les coulisses, l’industrie aĂ©ronautique mondiale retient son souffle, consciente que l’issue de ce bras de fer aura des rĂ©percussions durables sur la chaĂźne d’approvisionnement, l’innovation et la compĂ©titivitĂ© globale du secteur.

Sources