Le dollar américain en proie à une volatilité historique face aux bouleversements économiques mondiaux
Le dollar américain traverse une période de volatilité exceptionnelle alors que les récents développements économiques secouent les marchés mondiaux. Depuis le début de l’année 2025, le dollar a chuté de 10%, enregistrant ainsi la plus forte baisse semestrielle depuis l’adoption des taux de change flottants dans les années 1970. Cette dépréciation spectaculaire intervient dans un contexte de tensions commerciales accrues, de politiques économiques imprévisibles aux États-Unis et de doutes croissants quant à la crédibilité de la Réserve fédérale.
L’optimisme suscité par de nouveaux accords commerciaux américains a alimenté les spéculations sur une possible baisse des taux d’intérêt de la Fed, poussant le dollar à son plus bas niveau depuis trois ans et demi. Parallèlement, les banques centrales mondiales, qui gèrent des milliers de milliards de dollars de réserves, diversifient leurs portefeuilles en augmentant leur exposition à l’or, à l’euro et au yuan chinois, dans un contexte de fragmentation commerciale et de tensions géopolitiques accrues.
Le rapport de la Banque des règlements internationaux (BRI) met en garde contre la fragilité du système financier mondial et souligne que la domination du dollar comme monnaie de réserve mondiale est remise en question par ces bouleversements. La BRI évoque une « nouvelle ère d’incertitude et d’imprévisibilité » provoquée par des changements soudains de politique américaine, notamment l’imposition de nouveaux tarifs douaniers généralisés qui ont ébranlé les marchés internationaux.
La crédibilité de la Réserve fédérale est également remise en cause, accentuant la pression sur le dollar, tandis que l’euro a dépassé 1,17 dollar. Malgré un rebond temporaire du billet vert, alimenté par les craintes d’une riposte iranienne à des actions américaines, la tendance générale reste à la baisse, illustrant l’influence persistante des facteurs géopolitiques sur les marchés des changes.
Les analystes notent que si ces fluctuations sont spectaculaires, elles ne remettent pas encore en cause la position dominante du dollar à long terme, bien que la diversification des réserves et la montée des incertitudes pourraient accélérer l’émergence d’alternatives dans les années à venir.