Crise économique et contestation populaire : le Hamas sous pression à Gaza
Le mouvement Hamas fait face à une crise économique sans précédent et à une montée des protestations populaires dans la bande de Gaza, alors que la situation humanitaire continue de se détériorer après plus de 600 jours de conflit avec Israël. Selon des témoignages recueillis sur place, l’épuisement et la colère grandissent parmi les habitants, confrontés à la famine, à la flambée des prix et à la destruction quasi totale des infrastructures vitales.
Les distributions d’aide, désormais gérées par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF) soutenue par Israël et les États-Unis, sont vivement critiquées par le Hamas, qui accuse ce nouveau système de « remplacer l’ordre par le chaos ». De nombreux Palestiniens, désespérés, prennent des risques considérables pour obtenir de la nourriture, alors que les contrôles d’identité et les vérifications biométriques sont imposés à l’entrée des centres de distribution. Malgré l’entrée de centaines de camions d’aide humanitaire, les agences de l’ONU estiment que cette assistance reste largement insuffisante pour répondre aux besoins de la population, et alertent sur un risque imminent de famine.
Sur le plan politique, les négociations pour un cessez-le-feu sont dans l’impasse. Le Hamas a rejeté la dernière proposition de trêve soutenue par les États-Unis, qui prévoyait la libération de dix otages vivants en échange de prisonniers palestiniens. Washington a jugé la réponse du mouvement islamiste « inacceptable », alors que le Hamas exige un cessez-le-feu permanent, un retrait total d’Israël de Gaza et le retour de la distribution d’aide sous contrôle onusien. Parallèlement, l’Égypte aurait proposé au Hamas de transférer la gouvernance de Gaza à l’Autorité palestinienne, mais aucun accord n’a été confirmé.
L’armée israélienne poursuit ses opérations militaires dans l’enclave, avec des frappes ayant causé la mort d’au moins 75 Palestiniens ces derniers jours, selon les hôpitaux locaux. Le bilan humain global dépasse désormais les 54 000 morts depuis octobre 2023, majoritairement des civils. Face à la pression militaire, au blocus et à la colère populaire, le Hamas voit son autorité ébranlée comme jamais depuis sa prise de pouvoir à Gaza en 2007.