L’activité de l’État islamique s’intensifie en Syrie, inquiétant la communauté internationale
L’État islamique (EI) connaît une recrudescence notable de ses activités en Syrie depuis la chute du régime Assad, suscitant de vives préoccupations au niveau mondial. Selon des rapports récents, le groupe a revendiqué sa première attaque directe contre les forces du nouveau gouvernement syrien, visant des militaires dans la région rurale de Damas. Cette opération, menée dans le secteur désertique d’al-Safa (province de Sweida) le 22 mai 2025, a fait plusieurs morts et blessés parmi les soldats syriens.
Les autorités syriennes de transition ont intensifié leurs efforts pour démanteler les cellules de l’EI, menant trois vastes opérations dans les provinces d’Alep, Rif Dimashq et Deir ez-Zor depuis le 17 mai. Ces raids ont permis la saisie d’un arsenal sophistiqué, incluant des missiles antichars guidés, soulevant des interrogations sur l’accès du groupe à des armements avancés. Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Noureddine al Baba, la montée en puissance de l’EI s’explique en partie par la récupération d’armes abandonnées par l’ancien régime Assad.
En parallèle, la région du Puntland en Somalie a été le théâtre d’une avancée majeure contre l’EI : les forces de sécurité locales ont repris le contrôle de Miiraale, un bastion clé du groupe situé dans les montagnes du Cal Miskaad, portant un coup dur à ses opérations régionales.
Sur le plan syrien, une nouvelle faction jihadiste, Saraya Ansar al-Sunna, a émergé. Opposée à l’ancien chef du Front al-Nosra, Abu Muhammad al-Julani, cette formation partage l’idéologie de l’EI sans toutefois lui prêter allégeance formelle.
L’EI, qui opère désormais sous forme de cellules dormantes dans les déserts centraux et orientaux du pays, a intensifié ses attaques depuis avril 2025, notamment à la faveur du retrait partiel des troupes américaines. Le groupe a multiplié les opérations contre l’armée syrienne et les forces kurdes, revendiquant plus de trente attaques depuis le début de l’année.
Cette résurgence inquiète fortement les gouvernements occidentaux, qui attribuent en partie ce regain à l’instabilité régionale et à l’échec des politiques internationales de stabilisation. L’EI exploite les failles de l’État et la fragmentation des alliances pour renforcer sa propagande, notamment sur les marchés de Damas, et tente de regagner du terrain dans un contexte de transition politique fragile.
La communauté internationale reste en état d’alerte, alors que l’EI démontre sa capacité à s’adapter et à profiter du chaos pour relancer ses opérations en Syrie et au-delà.